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Le 3 avril et le 23 décembre marquent deux événements historiques dans la vie du Guinéen. Tout comme le CMRN, le CNDD est entré de façon inattendue dans l’histoire. Si le CMRN est apparu comme une réplique conséquente aux intensions malveillantes de ceux qui se prétendaient être les héritiers légitimes du président Sékou Touré dont ils voulaient perpétuer le système et les illusions, le CNDD, lui, est perçu comme la colombe de l’Arche, le messager de la délivrance qui s’est annoncé, pour éviter au peuple de sombrer dans l’irréparable, après la mort du président Conté. L’un dans l’autre, l’entrée en scène de l’armée, pour empêcher que le pouvoir ne tombe entre les mains de ceux qui sont supposés l’avoir trompé et désorienté, a été saluée par l’ensemble de la population.
Après le coup d’Etat du 3 avril 1984, qui est une action conjuguée d’un groupe de militaires, officiers et sous-officiers, il a été mis en place un comité regroupant les 7 principaux acteurs et les 18 membres cooptés pour avoir, de près ou de loin, contribué à la réussite de l’entreprise. Le colonel Conté Lansana en était le président.
Le tout premier gouvernement qui sera mis en place, pour gérer les affaires de l’Etat, comptera des militaires et des civils - 44 membres sous la présidence du colonel Conté. Perçu au départ comme un comité transitoire ayant pour but de mettre de l’ordre dans le pays, le CMRN finira par conserver le pouvoir, non sans se défaire de sa dénomination, pour mieux s’implanter. En tirant sa légalité d’une Loi fondamentale, sur mesure, qui investissait, désormais, le président Conté de prérogatives étendues et immuables.
Evidemment, pour prévenir toute adversité pouvant lui porter ombrage, le président Conté mettra à l’écart ses compagnons du 3 avril, pour rester seul à bord. Avec l’appui de l’armée et la complicité d’un entourage commis à la double mission d’écarter tous ceux qui étaient supposés avoir des intentions malsaines. Il faut noter que bien des proches collaborateurs de Sékou Touré furent sacrifiés sur l’autel des premières ambitions du CMRN.
Lansana Conté était allergique aux contradictions, aux adversités. Son entourage avait fini par faire de lui un dictateur taciturne et foncièrement rancunier. L’homme terminera ses derniers jours comme il est venu au pouvoir, anonyme, sans avoir réparé les préjudices causés à certains de ses anciens compagnons d’armes, comme Fodé Momo Camara, actuellement général, que le Président Dadis « réhabilitera », dans la première promotion qu’il a bien voulu accorder aux anciens membres du CMRN. Avec le CNDD, la Guinée s’est engagée sur une nouvelle voie, où tout dérapage aura ses conséquences. Le changement est enclenché. La transition est désormais limitée dans le temps. Voilà la toute première victoire sur l’arbitraire. Les nouvelles autorités ne se laisseront pas tenter par les opportunités offertes par un pouvoir, surtout inattendu.
Toutefois, une implication positive de la classe politique aux côtés du CNDD, ne fera que favoriser le processus démocratique dans son évolution.
Le CMRN a échoué par la faute de son président, le CNDD réussira à cause du sien. Cela est d’autant évident que les Guinéens se sont enfin retrouvés autour d’un objectif commun. C’est la première fois qu’ils regardent dans le même sens, malgré leurs divergences. C’est l’éveil de la conscience nationale.
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