La nouvelle de la pollution de la rivière Tambari a été donnée par le ministre de l’Environnement et du développement durable au cours d’un point de presse qu’il a animé le 19 juin dernier. Selon le ministre Papa Koly Kourouma, cette pollution qui a touché le couvert végétal, des plantations et l’eau de la rivière Tambari, a été provoquée par le déversement accidentel par un camion citerne de son contenu de 40 mille litres de fuel sur la route nationale n° 1 à 15 Km du centre urbain de Kindia.
Le mardi 16 juin, aux environs de 10 heures, un camion citerne immatriculé IT 2218 RG est entré en collusion avec un camion de 35 tonnes immatriculé RC 8082 RG, à 15 km de Kindia centre. Cet accident aurait provoqué le déversement des 40 mille litres de mazout transporté par l’engin appartenant à la Compagnie pétrolière Schell-Guinée, a fait savoir le ministre de l’Environnement. Selon lui, ce déversement du mazout a causé une grande pollution sur les différents biotopes de la zone. Notamment le couvert végétal, une bananeraie, la chaussée et les eaux de la rivière Tambari, située à 800 m du lieu de l’accident, a-t-il indiqué.
Selon M. Kourouma, cette rivière appartient au réseau hydrographique du Bassin Samou qui draine ses eaux dans les barrages de Donkéa, Bania et Kalé. Lesquels desservent en eau potable et en électricité les villes traversées et celle de Conakry. Suivant les constats de la mission de techniciens du département de l’Environnement qui a été dépêchée sur le site, l’épanchement du fuel aura couvert jusqu’à environ 5 mm de nappe la chassée, les flancs et les fossés de la route. La destruction de certaines espèces de poissons, crabes, serpents, lézards et oiseaux aquatiques vivant dans la rivière Tambari a été également constatée par les techniciens sur place.
Cette pollution que le ministre qualifie de majeure provoquerait déjà chez certaines personnes sensibles à la nuisance des malaises. A la suite de cette pollution qui affecterait la qualité physique de l’air, du sol et des eaux de Tambari, de vives tensions sont présentement signalées entre les autorités locales et les habitants dont les champs agricoles sont touchés. Ils exigeraient une réparation pure et simple des dommages subis.
Face à ce danger de la pollution, la mission a eu à faire un certain nombre de recommandations dont l’interdiction formelle de tout usage des eaux de la rivière Tambari avant la dépollution ; le ravitaillement des populations affectées en eau potable durant tout le temps de la pollution ; la fermeture des vannes des barrages de Banéa-Donkéa et Kalé pour éviter leur pollution ; l’arrêt systématique du pompage et du refoulement à partir du barrage de Kalé de l’eau potable en direction de Conakry ou la consultation médicale des personnes affectées par la nuisance olfactive.
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