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La situation en Guinée Bissau inquiète la Raddho. D’après des informations sérieuses qu’il aurait reçues, Alioune Tine soutient que la situation pourrait être explosive après les élections. C’est pourquoi, il e la classe diplomatique ainsi que la communauté internationale à prendre très au sérieux cette situation qui pourrait susciter un bain de sang dans ce pays. Et le Sénégal serait le premier pays touché, si l’on ne prend pas des dispositions dès maintenant.
Alioune Tine, président de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (Raddho) et la fondation Friedrich Ebert ont convié la presse hier dans un restaurant de la place. La seule et unique raison de cette rencontre, c’est la situation plus que préoccupante de la Guinée-Bissau qui, dans une dizaine de jours, va élire un nouveau Président. En effet, M. Tine soutient avoir reçu des informations sérieuses sur le fait que la situation en Guinée-Bissau pourrait être explosive après la Présidentielle.
Par conséquent, il suggère de prendre des mesures utiles et nécessaires afin d’éviter un bain de sang. Actuellement, l’on nous apprend que, pour le moment, le sentiment qui y règne est la peur au point que certains habitants quittent le pays pour venir au Sénégal ou dans les pays limitrophes. Ce qui fait dire au patron de la Raddho qu’«il faut prendre très au sérieux cette situation».
Raison pour laquelle, il estime que cette situation de peur et de terreur n’est nullement propice pour organiser des élections crédibles, car tous les ingrédients sont réunis aujourd’hui pour créer la «somalisation» de la Guinée-Bissau en Afrique de l’Ouest. «Nous avons eu des échos de la campagne présidentielle et ce n’est pas rassurant. Il faudra prendre des dispositions sécuritaires avant le 28 juin, date de l’élection», renchérit M. Tine. En tous les cas, la Raddho compte, de son côté, envoyer des observateurs incessamment en Guinée-Bissau et, dit Alioune Tine : «Nous avons jugé important de faire ce point de presse avant d’y aller.» Au cours de ce face-à-face avec les journalistes, un Bissau-guinéen, venu assister à la rencontre, s’est prononcé sur ce sujet qui le concerne directement.
A l’en croire, «ce point de presse n’empêchera pas le sang de couler lors de l’élection. Ce que les gens auraient dû faire, c’est de la reporter». Par ailleurs, le mécanisme diplomatique est une solution pour Alioune Tine. Selon lui, il faut faire comprendre à la classe diplomatique qu’un conflit n’aidera pas les Bissau-guinéens. Et d’ajouter : «Le Sénégal a intérêt à faire une intervention diplomatique, car s’il y a conflit en Guinée-Bissau, nous serons les premiers touchés.» Pour toutes ces raisons, la Raddho considère que la Guinée-Bissau doit faire l’objet d’une très grande attention de la part de la Communauté internationale. En outre, «ce serait irresponsable pour la Communauté internationale de rester les bras croisés et de laisser éclater un conflit», apprend-on.
Cependant, M. Tine avance que la Cedeao doit mettre ce pays sous tutelle, si l’irresponsabilité, qui représente un danger pour les pays voisins, continue. En parlant du Sénégal, Alioune Tine n’a pas manqué de faire le procès des hommes politiques sénégalais, tous pôles confondus. «Ni la Cap 21, ni Bennoo Siggil Senegaal n’a parlé de la situation en Guinée-Bissau. Il y a eu des morts là-bas, mais personne ne s’est prononcé. Comme il l’a fait pour la Mauritanie, Me Wade aurait dû se pencher sur la situation en Guinée-Bissau», dit-il.
L’instabilité politique en Guinée-Bissau perdure depuis de nombreuses années ; l’instabilité des dirigeants est chronique et il n’y a jamais de suivi. C’est pourquoi, selon M. Tine, «il faut trouver un modèle de coaching, car les Bissau guinéens sont très jaloux de leur indépendance». «Ce qui manque dans ce pays, c’est une grande voix africaine», dixit M. Tine. Toutefois, il indique que les premiers responsables de cette situation en Guinée-Bissau et ceux qui peuvent la résoudre, «ce sont les Bissau-guinéens et c’est la situation d’irresponsabilité chronique qui a entrainé ces problèmes dans ce territoire».
Considérant que l’impunité en Guinée-Bissau est un cancer et les crimes politiques une culture, la Raddho «condamne sans réserve cette série d’assassinats impunis qui rend la situation politique plus fragile, plus confuse et plus dangereuse à la veille de l’élection présidentielle du 28 juin 2009». Les 25 et 26 mai derniers, la Raddho et la Ligue Bissau-guinéenne des droits de l’Homme, en partenariat avec la fondation Friedrich Ebert, avaient organisé une importante conférence sur le dialogue politique national. Cette rencontre de Bissau avait réuni les autorités de l’Etat, l’Armée, les partis politiques, les organisations de la Société civile et les chefs traditionnels et religieux.
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