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Publié le 15, Jul à 13h22   Modifié le 15, Jul à 13h25  
 
 
Depuis des mois, le CNDD et son gouvernement se donnent comme priorité de donner l’eau et l’électricité à la population guinéenne.
 


Le 10 juillet dernier, le président de la République, le capitaine Moussa Dadis Camara, a présenté aux Guinéens son plan d’action d’urgence relatif à l’eau et à l’électricité dans le but de satisfaire dans un bref délai à la demande sociale. C’était à la RTG de Koloma, en présence du Premier ministre Kabiné Komara, des membres du gouvernement, des forces vives et du corps diplomatique.



Depuis quelques semaines le CNDD et son gouvernement se donnent comme priorité de donner l’eau et l’électricité à la population guinéenne. C’est dans cette optique que la campagne « eau et électricité pour tous » a été lancée à travers la capitale guinéenne, afin d’abréger la souffrance des populations.



La rencontre de Koloma a été initiée pour présenter aux Guinéens l’option prise par le pouvoir pour répondre immédiatement aux attentes de la capitale en électricité. Prévue pour 15 heures, la rencontre n’a débuté qu’à 16 heures 25 mn. Pendant près d’une heure, la salle de projection était plongée dans l’obscurité totale et les invités ont usé d’énormes efforts pour résister à la chaleur. Il a fallu qu’on fasse venir un technicien chinois pour illuminer la salle. Pis, à l’arrivée du président, aucun micro n’était encore opérationnel. Ce qui a provoqué l’ire du chef de l’Etat dont la réaction ne se fera pas attendre. Le capitaine Dadis a jugé cet état de fait comme étant un acte de sabotage.



Un journaliste tentera vainement de convaincre le président sur la puissance des appareillages qui demandent beaucoup d’énergie. Au finish, le chef de la junte a promis de ratisser le terrain pour renouveler l’actuelle équipe dirigeante de la RTG.



Le plan d’urgence de l’Etat sur la problématique d’eau et d’électricité a été présenté par le ministre d’Etat chargé de l’aménagement et de la construction. Boubacar Barry monopolisera la parole pendant plus d’une demi-heure pour donner le résultat de l’autopsie dans ces secteurs vitaux. Dans la même lancée, il a expliqué le programme engagé par l’Etat pour desservir les populations le plus rapidement possible en eau et en électricité. Ce projet ou programme engagé par le CNDD et son président comprend deux volets. Le premier s’établi sur le court terme et le second sur le moyen et long terme.



Ainsi, présentant d’abord la situation de l’eau, le ministre explique que les travaux de construction de la station de traitement et de distribution d’eau de Hessoulou dans sa phase 3 sont achevés. Selon M. Barry, 38 mille m3/j sont désormais disponibles pour desservir des quartiers qui sont restés huit ans sans eau. Les travaux de forages achevés sur les sites du pied du mont Kakoulima et de Kobaya vont aussi permettre d’injecter 24 m3 d’eau sur le réseau.



Cette quantité disponible pourrait résorber le déficit d’eau de Conakry à hauteur de 20% de la capacité actuelle. Selon le ministre, pour atteindre cet objectif qui a consisté à ramener le déficit d’eau de 47 à 20% au niveau de la capitale, il a fallu le déblocage d’un montant estimé à 5 milliards 300 millions de Francs guinéens. Ceci sur une période de trois (3) ans sur laquelle on n’a calé le projet pilote.



Ensuite, le ministre s’exercera à présenter le secteur électrique dont la situation est plus que catastrophique. D’autant plus que les centrales thermique et hydroélectrique sont dans un état piteux. Boubacar Barry, explique que sur les trois groupes (10 MW chacun) qui alimentent la centrale de Tombo 5, seul un groupe est actuellement fonctionnel. Pour Tombo 3, sur quatre groupes (9,5 MW chacun), seuls deux fonctionnent. C’est dire que la production totale des centrales thermiques de Tombo est de l’ordre de 29 MW actuellement, alors que la production normale est de 77 MW.



Au niveau des centrales hydroélectriques, sur 125 MW de production normale seuls 25 MW sont produits. S’agissant des mesures correctives ou palliatives par rapport au secteur, il a indiqué que la remise en route de Tombo dans les trois (3) mois nécessite un montant d’un million d’euro. Au-delà de ce projet d’urgence, l’Etat envisage trois possibilités pour la fourniture du courant électrique. Il s’agit de procéder soit par ACT (Acquisition en centrale thermique) qui exige un paiement au comptant des matériels, soit par BOT qui aura une durée d’exécution oscillant entre 12 à 16 mois ou par leasing.



Le leasing, selon M. Barry, consiste à confier la production à une société qui fournira le courant à l’EDG, qui à son tour va desservir les ménages. Les exigences liées à cette option sont la réparation, l’achat du carburant et l’entretien des matériels électriques, notamment les groupes électrogènes, qui s’élèvent à beaucoup de millions d’euros. Quant à l’adjonction des 50 MW en leasing, elle est évaluée à 75.896.150 euros dont environ 67% représentent le coût du carburant.



Selon le ministre, les coûts pour la mise en place du leasing sont évalués en fonction de deux (2) urgences. La première consiste à l’installation des matériels dans trois (3) mois, pour la mise en place du leasing, avec un coût estimé à 99.359.870 euros. La deuxième urgence demande la réhabilitation de l’ensemble des groupes de Tombo. La réhabilitation des groupes de Tombo 5 est estimée à 1.834.132 euros.



Quant aux groupes de Tombo 3, elle se chiffre à 22.354.094 euros. La réhabilitation des centrales hydroélectriques est estimée à 8.700.000 euros. Ce qui donne un coût total de 33.890.226 euros pour l’urgence 2. Ainsi le coût global pour desservir Conakry en électricité est de 133.247.862 euros. Dans son intervention axée sur le secteur électrique, le Premier Ministre a expliqué que sur les 200 MW qu’on devrait produire pour satisfaire au besoin électrique des populations que seulement 80 MW sont produits. Les leaders politiques se relayeront au microphone pour donner leurs avis par rapport à ce projet du CNDD.



Ainsi, tout en optant pour le leasing, ils ont émis des doutes quant à son aboutissement, mettant surtout en avant le problème de financement et la mauvaise foi des techniciens spécialistes du sabotage. En définitive, le président Dadis a rassuré l’assistance que l’Etat fera de son maximum pour réussir ce pari qu’il en fait désormais sa priorité. Il compte surtout sur l’argent issu des audits et de certaines bonnes volontés pour sortir Conakry de l'obscurité.



Samory Keita
Conakry

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